
Thème annuel
Méditation n° 2 : Nul n’est une île
« Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. » 1 Co 12, 12
Avec ce texte de St Paul, nous poursuivons la réflexion sur la thématique « ensemble ». Par sa comparaison avec le corps, St Paul nous rappelle que l’Eglise est le Corps du Christ avec lui à sa tête.
Le corps humain est complexe et on ne finit pas de s’en émerveiller. On n’en finit pas de le découvrir, que ce soit à travers les sciences, les activités, la technologie, la spiritualité et autres domaines. La comparaison faite par St Paul entre le corps humain et le Corps du Christ, son Eglise, est pertinente et riche d’enseignement.
Ainsi, pas un seul membre du corps, même s’il le désire, ne fait pas partie du corps. Et oui, personne n’est rejeté par Dieu. Chacun et chacune fait partie du Corps du Christ. Jamais Dieu ne rejettera l’un ou l’une de ses enfants. Le pied ne peut pas dire qu’il ne fait pas partie du corps. Il en fait partie qu’il le veuille ou non. Chacun et chacune de nous restera toujours enfant de Dieu et sera toujours aimé inconditionnellement par lui.
Même blessé, même meurtri, un corps restera toujours un corps, un homme ou une femme toujours un individu, une personne humaine. Ainsi, même blessée, même meurtrie, l’Eglise restera l’Eglise, le Corps du Christ. Il y a eu et il y a et il y aura peut-être encore et malheureusement des scandales qui meurtrissent l’Eglise. Cela nous blesse et nous affecte. Mais l’Eglise continue d’avancer, de réparer ses fautes et ses erreurs, de s’interroger, d’évoluer, de changer pour essayer de toujours mieux travailler à la mise en place du Royaume de Dieu. Un corps malade peut guérir.
Le corps humain est fait pour être en relation. Et être Eglise, c’est être en relation avec son prochain. On ne peut s’épanouir sans être en relation. Aimer c’est créer un lien. Que serait une vie sans amour… !? Personne n’est une île et encore plus une île déserte. Toute personne est aimée au moins de Dieu.
Le corps humain vieillit et, avec l’âge, de nouvelles limites apparaissent mais aussi un autre regard sur la vie, sur le sens des moments et expériences vécues. L’Eglise du Christ est elle aussi confrontée aux défis du temps. Elle pourrait vieillir, rester dans ses acquis, subir les limites qui arrivent au fur et à mesure des défis portés par le monde. Mais elle est animée par l’Esprit Saint. Cet Esprit qui nous met en marche et nous guide pour gérer et dépasser les limites. Ainsi l’Eglise du Christ a les capacités de relever les défis de chaque époque. L’encyclique du pape Léon « Magnifique humanité » sur l’intelligence artificielle en est une preuve parmi tant d’autres.
Le corps humain vieillit et meurt. L’Eglise du Christ se veut le sacrement du salut. Chacun et chacune participe à la mise en place du Royaume ici-bas déjà et sera dans le Royaume de Dieu. C’est par la grâce et la miséricorde de Dieu, par son amour inconditionnel que le salut est donné à chacun et chacune.
Yannick Salomon, théologien en pastoral
Méditation n° 1 sur le thème « ensemble »
« Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. », 1 Co 12, 12
Par ces quelques mots, Paul fait l’apologie de l’unité et du vivre ensemble. En effet, par sa comparaison dans 1 Co 12, 12 Paul souligne que le peuple de Dieu, que le corps du Christ est constitué d’hommes et de femmes différentes. Chacun et chacune a reçu des dons différents et malgré ou grâce à cela, nous constituons toutes et tous le corps du Christ.
Ainsi, personne n’est exclus du peuple de Dieu. Que l’on soit chrétien ou pas, que l’on soit d’une orientation sexuelle ou d’une autre, que l’on soit d’une culture ou d’une autre, que l’on ait telle ou telle autre couleur de peau, riche ou pauvre, malade ou en bonne santé, …, personne n’est exclu. L’amour de Dieu est bien au-delà des différences.
Cette unité dans la différence ou plutôt dans les différences a des conséquences. Une de ces conséquences sont les liens fraternels qui nous unissent les liens aux autres. Je ne peux pas voir dans l’autre un homme ou une femme à rejeter. Nous sommes ensemble, unis par l’amour de Dieu malgré nos différences. Travailler à la mise en place du Royaume de Dieu sur terre me demande d’aimer mon prochain comme Jésus l’a montré. Être corps du Christ, c’est prendre soin les uns des autres et travailler à la justice et la paix, à la fraternité et la solidarité.
Quand un homme ou une femme est rejeté, oublié, souffrant sans être aidé, c’est le corps entier qui est meurtri. Séparés les uns des autres, les liens fraternels dissous, c’est l’individualisme qui s’installe. Et avec cet individualisme c’est la pauvreté qui s’installe : comme la solitude subie, la misère, la recherche du profit au détriment de la dignité humaine, la perte du bien commun, la dissolution des valeurs éthiques, la perte de sens.
Vivre ensemble dans une vraie fraternité avec toute nos différences, ce n’est pas une utopie de doux rêveurs, c’est le chemin nécessaire pour le bonheur de chacun et chacune.
Yannick Salomon, théologien en pastorale

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