JURA

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Groupe marche réflexion.

 

Début juin 2020.

 

Cela fait bientôt trois mois que nous sommes contraints de rester chez nous!

Mais les autorités parlent d’un assouplissement. 

 

Ne pourrions n ous pas faire une marche tout en respectant les mesures barrières?

 

J’ai les pieds qui me démangent et je ne suis pas le seul.

 

Nous décidons d’un parcours et pour clore l’année confronter nos expériences du confinement avec le thème 

( J’ai vu la misère de mon peuple ) puis terminer p ar une messe en plein air?

 

Notre conseiller spirituel est immédiatement partant,et pourquoi ne pas inviter le groupe des aînés à nous rejoindre pour la messe?

 

Voici quelques photos de ce bel après-midi du 24 juin plein de soleil dans nos têtes et dans nos cœurs .

 

Nous avons même pu marauder quelques belles cerises dans le verger d’une des participantes.

 

Merci à toutes et tous et bel été en prenant soin de vous . 

 

François

 

Chanoine Jacques Oeuvray                                                                                                  Porrentruy, février 2020 

 

Chers amies, chers amis du MCR – Vie Montante,                                                           

 

Voici une nouvelle année déjà bien entamée. Nous voici déjà arrivés à notre 4e rencontre sur le thème « Visage de Dieu ». Voici donc la 4e « feuille-guide » pour cette rencontre.

Je vous souhaite de vivre une belle année avec des échanges fructueux. Avec mon amitié et à bientôt.

                    1.   Mettez-lui un anneau au doigt

 

                         L’évangile de la miséricorde.

 

                         Des quatre évangiles, l’évangile selon saint Luc est particulièrement appelé l’évangile de la miséricorde.                           Nous avons en effet en saint Luc au chapitre 15 les trois grandes paraboles de la miséricorde : la brebis                           perdue, la pièce de monnaie égarée et la grande parabole du fils prodigue.

                         C’est cette dernière que nous retenons aujourd’hui. Vous connaissez bien cette parabole d’un fils qui                               ayant réclamé son héritage quitte la maison pour vivre une vie de désordre, puis il revient vers son                                 père qui le reçoit comme un fils ; cette parabole se poursuit avec le refus du fils aîné et l’intervention                             du père. Je voudrais reprendre chacun de ces 3 tableaux.

 

Un premier tableau nous présente ce jeune homme qui considère son père comme un obstacle à son bonheur et qui s'en va, loin de sa présence, dilapider follement tout ce qu'il a reçu de lui. La scène suivante nous le montre dans le pays éloigné réduit à la pire déchéance, au dénuement le plus complet. Chacun de nous a-t-il jusqu'ici reconnu sa propre histoire ? Puisse-t-elle alors s'achever de la même manière ! Sous le poids de sa misère, le prodigue revient à lui-même, se souvient des ressources de la maison paternelle, se lève, prend le chemin du retour… Et c'est le troisième tableau : l'empressement du père qui se porte à sa rencontre, les bras ouverts, les baisers suivis du plein pardon, les haillons échangés contre la plus belle robe, l’anneau au doigt…

 Si vraiment ce qui est dit du père correspond bien à l’attitude de Dieu à notre égard, comment pouvons-nous avoir peur de ce Dieu-là, comment le regarder comme un juge sévère, comment construire notre vie de foi dans la culpabilité ! Certes, l’attitude aimante du père ne nous empêche pas de prendre conscience de notre faiblesse, de notre péché, mais seulement dans le sens d’un amour infidèle devant un amour infini.

Occupé à aimer le fils cadet, il n’oublie pas l’ainé. Il sort de la maison et se comporte avec lui de la même façon qu’il l’a fait pour le plus jeune. Il va à sa rencontre et se met à l’aimer comme il ne l’avait jamais fait auparavant. Il se penche sur sa souffrance et tente de l’ouvrir à l’avenir. Le Père d’avant ne courait pas à la rencontre de ses fils parce qu’il savait ce qui était bien pour eux. Après les événements qui ont été racontés, il renonce à lui-même pour leur exprimer son amour au risque d’être mal reçu.

 

Un père qui change d’attitude

Avec ce changement d’attitude du Père s’opère en nous une autre vision de Dieu.  Nous sommes passés, sans nous en rendre compte, du Dieu d’Israël au Dieu de Jésus Christ.  Au début du récit, nous avons reconnu le Dieu de Moïse qui savait la bonne route à suivre. On l’avait enfermé dans la Loi, puis on l’a enfermé dans le Temple et ses rites. Ce Dieu était celui dont la seule présence suffisait à combler ses adorateurs, croyait-on. C’est aussi celui que nous rencontrons le plus souvent dans nos églises. Mais à mesure que l’histoire se déroule et que le comportement du Père change, c’est le visage de Dieu qui se transforme. Il se met à ressembler à celui que Jésus appelle son Père et qu’il nous propose comme Père.

 

 Il sort de lui-même et court le risque de s’adapter à nous au point d’être rejeté par certains. Comme le fils ainé figé sur le pas de la porte beaucoup hésitent à partager l’amour du Père pour son frère. C’est pourtant en le faisant qu’il montera qu’il a tout compris et c’est à agir comme cela que Dieu nous invite. Le fils ainé le fera-t-il ? Le ferons-nous ? C’est sur ce point précis que se pose la question de notre foi.

 

Le Dieu que nous découvrons à la fin de cette parabole est un Dieu qui vient vers les hommes qui leur prodigue son amour au point de les laisser libres de le refuser. Jadis le fils cadet avait cru que pour être libre, il fallait qu’il s’écarte de son Père, maintenant à la porte du jardin le fils ainé ne pourra être libre que s’il entre avec le Père pour partager la vie de son frère. Ce n’est pas gagné, mais Dieu ne peut rien faire de plus parce qu’il a tout donné.

Est-il possible de reconnaître Dieu dans l’image de ce Père dont la bonté cache son incapacité à gérer ses fils dont le mauvais comportement nous apparaît être le résultat d’une éducation déficiente. On ne peut pas dire que l’amour dont il les a aimés soit partagé puisque le fils cadet va conserver de lui l’image d’un père faible que l’on peut manipuler. Le fils ainé, quant à lui a retenu de son père l’image d’un homme qui veut tout contrôler et qui ne laisse aucune liberté à son enfant c’est pourquoi il n’ose pas s’assumer de peur de l’offenser.

 

En fait, le principe éducatif de ce père semble être simpliste et fonctionne de la même façon pour ses deux fils. Il considère que tant que ses fils résident sous son toit, c’est lui qui décide de tout car lui seul sait ce qui est bon pour eux. C’est ainsi qu’il prétend les aimer. Si ses enfants décident de le quitter, il ne s’y oppose pas et il leur donne les moyens de subsister sans lui. C’est ce qui se passe pour le fils cadet. Il sait cependant qu’il reviendra car il est trop dépendant de lui.

 

        Le récit évangélique et ses lectures

 

 Seul le lecteur de Luc peut d'ailleurs faire le lien entre les personnages de la parabole et ceux de l'évangile. Avec cette étrangeté : Jésus est à la fois dans le récit (comme personnage) et hors du récit (il est Ressuscité). La vérité de la relation vivante du lecteur croyant avec Jésus s'articule sur une façon de recevoir ses choix dans le Livre. Or en s'interrompant brusquement, la parabole laisse en suspens trois manières de voir les choses.

 

La première est celle du serviteur qui informe le fils aîné (v.27). Neutre, peu engagée, elle reste superficielle.La deuxième est celle de l'aîné (v.29-30).

Elle témoigne d'une blessure narcissique mais elle permet ensuite de re-situer le mérite comme un fruit de l'alliance(''Tout ce qui est à moi est à toi'', v.31).

La troisième est celle du père. Du v. 24 au v. 32,il bégaie, insigne faiblesse : pas d'autre raison à la joie, que la vie de l'autre. Jésus les laissent toutes trois en balance. Quant à lui, son choix est fait qui le mène à la Croix. Luc à son tour transmet le jeu à ses lecteurs. Devant l'énigme Jésus, quelle réaction ? L'évangile peut laisser indifférent. Il peut aussi toucher là où ça fait mal, provoquant appel à l'aide ou rejet. Il peut enfin inviter à opter joyeusement pour le don total.

Peut-être voyageons-nous toute notre vie entre ces trois positions de lecture.

Ironie, encouragement ? Luc raconte que le premier à rentrer au Paradis des justes est un malfaiteur (Lc 23,43). Une sorte de fils perdu. Crucifié aux côtés de Jésus. Mais, vivant avec lui, sauvé.

Fête de Noël
Porrentruy  Fontenais
Fête de Noël
Bure  Grandfontaine  Courtedoux
Fête de Noël
Saint-Imier
Fête de Noël
Boncourt Montignez Courtemaîche Damphreux Lugnez

3ème feuille guide de janvier 2020 élaborée par l’abbé Jacques Oeuvray

 

Chers amies, chers amis du MCR – Vie Montante,

 

Avant tout, je vous présente mes meilleurs vœux de belle année dans la lumière de l’Enfant de la crèche. Nous voici déjà arrivés à notre troisième rencontre sur notre thème d’année « Visage de Dieu ». Voici donc la 3e « feuille-guide » pour cette rencontre, avec mes excuses pour le retard dû à un séjour en mission au Cameroun. Je vous souhaite de vivre des échanges fructueux. Avec mon amitié et mon salut fraternel.

 

III. Recevez l’Esprit-Saint

 La Genèse (2,77) nous raconte comment Dieu forma Adam à partir de la terre à la façon d’un potier travaillant un morceau d’argile. Mais une belle sculpture de céramique ne fait pas un être vivant ! Dieu dut souffler Son Esprit pour lui insuffler la vie. L’homme ne peut survivre plus de 3 ou 4 minutes sans air dans les poumons. Or le mot grec pneuma et le mot hébreu rouah veulent dire indifféremment vent ou souffle et esprit.

 

Et les caractéristiques principales du vent, c’est que nous ne le voyons pas, qu’il est imprévisible mais puissant et que rien ne peut le maîtriser, sinon Dieu Lui-même ! C’est là qu’une station météo peut être utile ! Jésus a dit un jour : “Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de quiconque est né de l'Esprit” (Jean 3.8). Notre vie physique dépend du “souffle de vie” que Dieu a placé en nous ; Il le retire et nous mourons. Notre vie spirituelle dépend du souffle de l’Esprit que Dieu a placé en nous le jour où nous sommes nés de nouveau. Mais il ne nous retirera jamais ce souffle, car il est le gage de notre vie éternelle avec Lui....

 

Mais recevoir l’Esprit Saint, qu’est-ce que cela change ? Que recevons-nous en recevant l’Esprit ? Déjà l’hymne très ancienne Veni Creator Spiritus demandait à l’Esprit de donner « les sept dons de son amour ». Mais c’est surtout Thomas d’Aquin qui, par sa réflexion théologique, a formalisé une liste de sept dons de l’Esprit :

  • La sagesse : elle fait goûter la présence de Dieu, dans un plus grand compagnonnage avec lui, et un plus grand dynamisme missionnaire. C’est le don contemplatif par excellence.

  • L’intelligence : elle aide à entrer dans le mystère de Dieu, à comprendre de l’intérieur la foi, les Écritures, à distinguer l’erreur de la vérité. Par ce don, chaque chrétien peut devenir un authentique théologien.

  • La science : elle permet de reconnaître Dieu à l’œuvre dans la nature et dans l’histoire, de recevoir le monde comme un don de Dieu. Elle donne le sens de la précarité de l’univers.

  • La force : elle donne la persévérance dans l’épreuve, le courage du témoignage. Elle soutient les martyrs mais aide aussi au quotidien à accomplir son devoir d’état et à vivre le combat spirituel. C’est l’héroïsme de la petitesse.

    « Ma grâce te suffit, dit le Seigneur, car ma puissance donne toute sa mesure        dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9)

  • Le conseil : c’est le don du discernement spirituel. Il ajuste ce qu’il convient de faire ou d’éviter, de dire ou de taire. Il dispose à voir clair en soi et dans les autres.

  • La piété : elle fait entrer dans l’expérience de la paternité de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse. Elle nous donne la confiance de l’enfant. Elle nous rend proche aussi des autres.

  • La crainte : ce n’est pas la peur de Dieu mais le sens de sa grandeur. La conscience de l’infinie distance entre le Tout-Autre et nous, ses créatures. Ce don suscite une attitude d’humilité et d’émerveillement.

Jésus est le « Christ », ce qui signifie qu’il est « oint » de l’Esprit Saint et toute la vie de Jésus transmet une vie nouvelle aux hommes. Le sommet de ce don est le mystère pascal, quand Jésus pardonne même notre aveuglement, même nos refus, Dieu ne reprend pas les dons qu’il a faits.

C’est pourquoi les fruits de l’Esprit Saint sont décrits dans le Nouveau Testament (Ga 5, 22-23), après la Passion et la Résurrection de Jésus :.

Sans dénigrer l’intelligence humaine, le pape François a opéré une nécessaire distinction entre « la capacité intellectuelle dont nous pouvons être plus ou moins dotés » et l’acception revêtue par l’intelligence deuxième des sept dons. Ce don de l’Esprit saint est une grâce que lui seul peut répandre, elle suscite chez le chrétien la capacité d’aller au-delà de l’aspect extérieur de la réalité et de scruter les profondeurs de la pensée de Dieu et de son dessein de salut. « Intus legere », l’étymologie du terme permet de décrypter son sens profond, « lire à l’intérieur ».

Comprendre avec l’intelligence de Dieu

Comprendre avec l’intelligence de Dieu. C’est le projet que Dieu a conçu pour chaque chrétien. « Je vous enverrai l’Esprit saint et il vous fera comprendre tout ce que je vous ai enseigné ». Comme Jésus l’avait promis aux premiers disciples, Dieu nous envoie les dons de son esprit, parmi lesquels le don d’intelligence. « C’est un beau cadeau que le Seigneur nous a fait à tous, insiste le Saint Père. C’est le don par lequel l’Esprit saint nous introduit dans l’intimité de Dieu et nous rend participants de son dessein d’amour pour nous. » Cependant, il ne faut pas se méprendre et interpréter ce don trop largement, « cela ne signifie évidemment pas qu’un chrétien peut tout comprendre et avoir une connaissance entière des desseins de Dieu » rappelle le pape. 

Le don d’intelligence ouvre les esprits

  • Les disciples d’Emmaüs – de retour de Jérusalem où ils ont assisté à la crucifixion et à l’ensevelissement du Christ – ont les yeux voilés par la tristesse et le désespoir quand ils rencontrent Jésus. Ils ne le reconnaissent pas. « Mais quand le Seigneur leur explique les Écritures, afin qu’ils comprennent qu’il devait souffrir et mourir pour ensuite ressusciter, leur esprit s’ouvre et, dans leur cœur, l’espérance renaît ». Alors demandons ce don, exhorte le pape : « Fais-nous, Seigneur, le don de l’intelligence ». Afin que nous comprenions, comme il le comprend, ce qui arrive – les choses de Dieu, les choses humaines, les situations, tout – et surtout pour que nous comprenions la parole de Dieu dans l’Évangile.

En Jean 20, il est écrit : Jésus « souffla en eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20 : 22). Tout comme Dieu avait soufflé en Adam à la première création, Jésus souffle en ses disciples, pour leur communiquer sa vie de résurrection qui caractérise la nouvelle création. C’est une résurrection spirituelle, c’est pourquoi Il dit :

« Recevez l’Esprit Saint » ; c’est lui qui fait entrer les chrétiens dans la nouvelle création (1 Cor. 15 : 45).
Ainsi l’Esprit Saint :
     - vivifie le pécheur qui croit au Seigneur Jésus (la nouvelle vie),
     - l’introduit dans la nouvelle création (la vie de résurrection),
     - lui communique une puissance de vie (la vie abondante).

Récollection du samedi 26 octobre 2019 aux Sources à Porrentruy
L’AUDACE DANS LA FOI

Notre récollection 2019 s’est terminée à la très grande satisfaction des membres présents.

Celles et ceux qui n’ont pas pu participer ou qui aimerais se replonger dans ces journées riches d’enseignements et réconfortantes pour nous les aînés 

Voici un très bon résumé écrit par Françoise Chevrolet
Je la remercie vivement pour la précision et la fidélité de son rapport.

Merçay François

Animateur : Père Joël Pralong

 

La porte ouverte à Jésus, c’est la faiblesse. Parce que l’on est faible, on se pose la question de savoir ce qu’est la vie. Ce qui frappe toujours lorsqu’on visite une personne hospitalisée, c’est que tous les malades sont redevenus comme des enfants, et qu’ils ont besoin d’être rassurés. Finalement, dans la faiblesse, l’homme est un enfant qui est en quête de parents. L’homme, s’il est un enfant, est aussi un enfant de Dieu, qui cherche Dieu. Il a besoin qu’on lui parle de Dieu.

La médecine est limitée. Elle peut redonner la santé, mais elle ne peut pas donner une raison sérieuse d’exister. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes se suicident. Pourtant, ils ont tout, mais au-dedans, ils n’ont plus rien. Qui est l’homme ? Qu’est-ce que la personne humaine, si ce n’est cet enfant qui rayonne de lumière quand il a trouvé son Père, son Dieu ? C’est cela exister.

 

Il faut réveiller dans tous les cœurs cet enfant. On porte tous un prénom, on a une identité, mais, quand tout cela s’écroule, qu’est-ce qui va rester, sinon ce désir d’éternité, cet enfant en nous qui se relève ? Quand l’homme a tout perdu, il a encore cette identité profonde d’enfant de Dieu qui fait que, même au jour de sa mort, il ne peut que vivre.

 

Le Père a visité des prisonniers au Brésil. Dans une cellule à 70 places, étaient entassées 200 personnes. Il y avait de la vermine, parfois on s’entretuait. Devant une telle situation, on panique. On est là pour parler de Jésus. Comment le faire dans ces conditions-là ? Comment expliquer la Parole de Dieu à des gens qui sont dans un état qu’on ne peut imaginer plus bas ? Pourtant, ces hommes, ces jeunes de 18 ans, souvent des assassins, pleuraient, parfois à genoux. Le Père a saisi pour la première fois la puissance de la Parole de Dieu. Cette Parole vient réveiller cet enfant qui cherche Dieu et qui est écrasé sous les détritus. Il y a en chacun cet enfant indestructible. « Jésus a réveillé le meilleur de moi-même », disait un prisonnier.

 

C’est quoi, la qualité de vie ? Au seuil de la mort, je peux exister comme jamais je n’ai existé. Que d’échanges d’amour avec une personne en fin de vie qui peut exister comme jamais. On rayonne en enfants de Dieu. Soudainement, on peut reprendre vie.

 

Exit prive les gens de ces moments où ils veulent exister vraiment. Et pour un fils ou une fille, voir sa mère ou son père s’empoisonner devant lui est un acte terrible.

 

Le Père raconte que sa maman avait demandé à ses enfants de ne jamais la placer en EMS. Malheureusement, il a fallu se résoudre un jour à choisir cette solution. Une fois installée, cette maman s’est découvert une vocation. Elle n’a plus de qualité de vie, mais elle existe comme jamais. Elle aide sa voisine par un sourire, un mot gentil. Elle se sent utile ! Personne ne peut nous arracher cet enfant de lumière qui est en nous. C’est Jésus audacieux dans la foi qui vient nous parler. Cela n’est possible que dans la foi.

 

Les gens ne veulent plus de religion, mais ils sont en quête, ils cherchent Dieu. Les religions ont fait des dégâts dans l’histoire. On a présenté un Dieu qui punissait, qui avait le pouvoir, qui gardait les gens dans l’infantilisme. Dieu est venu nous parler et nous dire : « tu es mon enfant et je t’aime ! ». Quand la religion est habitée par la foi, on est dans la confiance et, même quand 1 notre cœur nous accuse, quand on se sent coupable, le Seigneur nous dit : « je suis plus grand que ton cœur. Si ton cœur t’accuse, tourne-toi vers moi et je te dirai que je t’aime malgré tout ». Le péché, il est grave pour nous, il nous détruit, mais il ne détruit pas Dieu. Un enfant qui fait une bêtise, qui se fait mal, va auprès de sa maman. Avant de le punir, elle va d’abord le soigner. Le péché, c’est se faire du mal à soi-même. Dieu, quand il voit ça, est touché. Il bondit vers son enfant pour le soigner, pour l’aimer.

 

Dieu, c’était celui à qui on avait à faire quand cela n’allait pas. Quand ça allait bien, il fallait qu’il nous laisse tranquille.

 

Quand on critique les autres, c’est beaucoup par peur. Dieu, pour faire comprendre aux hommes combien il les aime, leur a envoyé son fils qui sera comme eux, qui leur ressemblera et qui sera aussi blessé. Jésus nous dit : « regarde-moi, je suis autant blessé que toi, n’aie pas peur, laisse toi aimer ». Les brimades qu’on porte en nous se transforment en peur, en haine. On a peur de se tourner vers Dieu. Qu’est-ce que Dieu va penser de moi ? La peur a souvent été apportée par la religion. Jésus nous dit : « je suis comme toi, moi aussi on m’a jugé, on m’a blessé. Si tu me regardes et si tu viens vers moi, tu verras combien je te ressemble ! »

 

Il faut se laisser attirer par Jésus. On pense que Dieu agit comme une maman : si je fais une mauvaise note, maman n’est pas contente. Dieu ne pense pas comme cela. Il nous dit de lui donner notre mauvaise note pour qu’il en tire du bien. Le saint curé d’Ars disait : « je suis un zéro qui n’a d’importance que derrière un chiffre. Si j’ai trois zéros, cela donne un mille ». On a toujours peur que Jésus soit déçu de la mauvaise note. Parfois on se sent coupable quand on se regarde dans un miroir. Quand cela arrive, il faut regarder le visage de Dieu dans le miroir. Jésus nous rejoint dans la faiblesse. Il a dit à Pierre : « m’aimes-tu ? » Pierre a dit oui. Puis Jésus a insisté : « Pierre, m‘aimes-tu plus que ta honte, que tes faiblesses ? » Pierre a répondu : « Seigneur, tu sais bien que je t’aime, que je ne suis pas si fort que cela ». Jésus profite de ce moment pour lui dire : « sois le berger de mes brebis ! »

 

Quand on porte des poids, des blessures, quand on pense qu’on est inutile, c’est là que Jésus nous demande si nous l’aimons plus que le fait que nos petits-enfants ne soient pas baptisés, ou que notre fils vive avec un homme, ou que notre fille ait des enfants sans être mariée, etc., etc.

 

On a une mission, la mission d’aimer, d’accueillir, de ne pas faire la morale à nos enfants et petits-enfants.

 

Après 65 ans ou plus, on est appelé à être encore quelqu’un. Pierre pensait qu’il n’était plus rien. Quand on va à la messe, on prend avec nous tous ceux qui n’y vont pas et Dieu va les rejoindre là où ils sont. A la consécration, quand le prêtre dit : « pour vous et pour la multitude », cela veut bien dire que l’Eucharistie est célébrée pour tout le monde. Dieu est venu pour tous. Si l’on porte notre famille, nos enfants à ce moment de la consécration, Dieu est là avec tous. Notre mission, c’est la mission de l’offrande. Nous devons croire à notre mission. C’est dans la faiblesse que Jésus se manifeste.

 

Au Canada, des jeunes avaient fait la fête et étaient passablement avinés. Ils ont eu un accident. Il y a eu beaucoup de morts, mais un jeune bougeait encore les lèvres. On entendait à peine ce qu’il murmurait, mais un policier à côté de lui a entendu que ce jeune disait que sa grand maman lui avait toujours dit que, s’il disait chaque jour un Ave Maria, la Sainte Vierge serait là à l’heure de sa mort. Le jeune répétait faiblement et inlassablement : « elle n’est pas là, elle n’est pas là… Puis, subitement, il articula : elle est là, et il mourut. Le policier, témoin, s’est converti.

 

Notre mission est d’exister pleinement comme enfants de Dieu pour diffuser la lumière qui nous habite.

 

Quand on va visiter un malade, un prisonnier, un exclu, on ne doit pas arriver comme un supérieur. On doit découvrir que celui qui a faim, qui est pauvre, qui est différent, c’est d’abord soi-même. Il faut accepter d’être visité par Jésus. Si l’on n’a pas fait l’expérience de la pauvreté, on ne peut pas comprendre les autres.

 

Quand Jésus nous visite, on lui dit ce qu’on a fait de bien. Mais Jésus nous demande d’ouvrir toutes les autres portes, les portes qui nous font peur.

 

Quand je prends un comprimé effervescent, je dois le mettre dans l’eau pour le rendre efficace, pour qu’il devienne médicinal. Ce comprimé, c’est la religion : il y a tout dedans. Les gens ont 5 comprimés secs dans la main. Ce sont les sacrements : le baptême, l’Eucharistie, la confirmation, le sacrement de réconciliation, le sacrement des malades. Mais, pour qu’ils agissent, je dois les mettre dans l’eau !.

Quand je fais passer Jésus dans ma vie, je deviens un être nouveau et la joie me transforme. Je laisse Jésus aller dans toute ma vie, pas seulement dans le salon qui est la pièce bien rangée, sans désordre !

 

Pour remplir un pichet de vin, j’ai besoin d’un entonnoir pour ne pas en mettre à côté.

La foi, c’est l’entonnoir. Le pichet, c’est moi et Dieu essaie de verser en moi sa Vie.

Quand on a peur de Dieu, on met l’entonnoir à l’envers. La vraie foi, la vraie confiance, elle s’ouvre à Dieu et je laisse la grâce entrer en moi.

 

Quand je suis visité par Dieu, je suis bouleversé par son amour. Quand on tombe amoureux, on voir différemment les choses. On a envie d’aimer tout le monde. L’homme doit aller vers Dieu et il pense que quand il va vers Dieu, Dieu est content.

La vraie foi, ce n’est pas moi qui dois aller vers Dieu, c’est Dieu qui descend vers moi.

 

Paul persécutait les chrétiens parce qu’il n’était pas bien. Il voyait Dieu comme un juge. C’était le Dieu de la religion, des bonnes notes. Quand on a peur, on juge, on critique, on persécute les autres. Quand Dieu descend, l’homme va diffuser la charité par un merci, un pardon. Merci, s’il te plaît, pardon, ces petits mots mettent et diffusent de l’amour dans le quotidien.

Aimer, ce n’est pas seulement éprouver du plaisir face à l’autre, c’est lui faire du bien. Là, on est en plein dans l’amour évangélique.

 

L’espérance, c’est croire que même si cela ne va pas bien aujourd’hui, cela ira mieux demain. Jésus ne va pas lâcher son petit enfant.

 

Une bougie a une mèche toute fragile. La bougie, c’est nous. Il y a des grandes bougies, des petites, des tordues, des cassées, des diminuées, des chandelles, des lumignons. Ce sont nos vies, mais il y a toujours la mèche. La mèche, c’est l’enfant de Dieu qui est en nous. A un moment donné, il y a la flamme. La bougie ne s’allume pas toute seule. Dieu vient en nous. Parce que j’ai en moi la flamme, l’amour de Jésus, un engagement pour la vie devient possible. Cette flamme illumine ma vie. Elle s’allume à notre baptême, puis nos sommes appelés à la maintenir allumée. Si je tourne la flamme vers le bas, ou vers la droite ou la gauche, elle va toujours se retourner vers le haut.

Quelle que soit ma vie tordue, ma vie qui penche d’un côté ou d’un autre, il y a toujours cette flamme qui va me tirer vers le haut et me pousser en avant. 

 

Un jeune a un jour téléphoné à l’abbé Joël. Il avait fait deux ans de prison et lui a dit qu’il l’avait vu faire l’expérience de la bougie tordue et qu’il s’était reconnu dans cette bougie. En se promenant dans la forêt, il a entendu une voix qui lui disait qu’il aurait tout ce qu’il voulait. Puis, il a entendu une deuxième voix qui lui disait que Dieu le cherchait.

 

Le Père a rencontré un jeune plein de piercings et tout de noir vêtu, avec des vêtements cloutés. Il buvait 10 litres de bière par jour. Quand il a su que le Père était prêtre, il a critiqué l’Eglise. Le Père lui a répondu : « eh bien, je te comprends ». A la suite de cela, le jeune a voulu se confesser. C’était épouvantable. Il a couru aux toilettes et a dit : « j’ai vomi le diable ». Le sacrement du pardon l’a transformé. Il a trouvé Celui qu’il cherchait.

 

La famille d’aujourd’hui ne fonctionne plus comme il y a 50 ans. Un couple sur deux divorce. Une famille sur deux est une famille recomposée. On se marie entre personnes de même sexe. Après une séparation, il arrive qu’un des parents change de sexe. On entend dire d’un enfant : « maintenant, mon papa, c’est une dame ». L’éducation des enfants n’est plus vraiment faite par les parents. Dès qu’ils sont scolarisés, les enfants veulent leur téléphone portable, pour être comme les autres. Une famille vraiment catho qui dure, dont les enfants sont baptisés, est à mettre au musée. C’est la réalité d’aujourd’hui. Quel est le regard que Jésus que poserait sur ces familles ? Il ne faudrait pas que cela devienne la norme. Il faut encore des modèles. Si l’on veut édicter des lois en fonction de ceux qui font mal, ça ne va plus ! Il faut garder le cap. Quel regard Jésus aurait-il face à ces situations ? Les jeunes homosexuels sont les plus suicidaires. On doit garder nos valeurs, en être les témoins et ne pas les imposer aux autres. Il faut d’abord écouter les personnes, comprendre leur histoire et ne pas les juger. Les plus grands moralistes sont ceux qui ont fait des choses pas bien. Tout ce qui arrive, tous ces scandales, nous rendent humbles. Il faut accueillir les personnes, cheminer avec elles, leur donner envie de rencontrer le Christ.

 

Ne souhaitez pas que vos enfants viennent à l’église, mais qu’ils rencontrent Jésus. Si l’on est témoins du Christ et qu’il nous habite, on ne doit pas vouloir imposer aux autres notre manière de voir. Il ne faut pas approuver le mal, mais aimer l’autre. Le Seigneur, dans les cœurs, fait encore mieux que nous. Un enfant a dit : « T’es pas nul, Père Joël, mais Jésus est plus efficace que toi. »

 

Un jour, en Belgique, le Père va parler à des ados à problèmes, placés en institution. Il s’adresse à un jeune de 15 ans en lui disant : « salut, ça va la vie ? » Il lui répond : « je la hais ! » Jésus sur la croix, était aussi brisé qu’eux. Il les comprend. Il ne faut jamais éliminer les croix. La croix nous rappelle que la souffrance est notre quotidien et que Dieu nous relève. Le fait de ne plus avoir de croix, c’est nier dans l’humain sa fragilité.

 

Aujourd’hui, l’homme parfait a entre 20 et 40 ans, est beau, est grand et a réussi sa vie professionnelle. Après 40 ans, il est au moins rattrapé par les cosmétiques et on le rajeunit de 10 ans. Dans cet homme-là, on fait le déni de l’humain. On déforme l’image de l’homme qu’on montre aux jeunes. Refuser la croix, c’est refuser l’homme de la naissance à la mort. C’est refuser la mort. L’homme est appelé à vivre et à mourir. L’homme qui réussit tout, c’est un robot. La croix nous rappelle qui nous sommes. St Paul disait : « je peux tout en celui qui me rend fort ». Les ados brisés se retrouvent dans la croix, car Jésus est comme eux. Un petit gars de 13 ans maltraité par ses parents a dit : « moi, j’aime Jésus ! ». On lui a demandé comment il connaissait Jésus. Il a répondu que ses parents ne lui en avaient jamais parlé. Tout petit, au lieu de dire « maman », il disait « Jésus ». Puis, à l’école, il y a eu les « dames de Jésus » . (les catéchistes). Dans toutes ces situations difficiles, il faut toujours avoir la conviction que le Seigneur fait mieux que nous. Dieu a passé par des gens hyper tordus. Dans la bible, le Seigneur a passé par des familles très étranges. Dans la généalogie du fils de Dieu, on trouve toutes ces familles. Jésus a voulu s’incarner dans ces familles pour montrer sa miséricorde. On peut aussi y mettre les nôtres. Zachée a été tellement bouleversé par Jésus qu’il a rendu beaucoup d’argent, sans que Jésus ne lui ait fait de morale. De même, Jésus n’a pas fait de morale à la Samaritaine. C’est dans l’amour que se font les transformations. On aide les gens à se relever en leur disant le beau qui est en eux. C’est dans la lumière qui est l’amour que l’on voit la poussière.

 

La famille de Jésus : Marie était enceinte avant d’être mariée. Joseph doute d’elle. Est-ce qu’elle n’a pas eu une aventure nocturne ? Joseph est un homme juste et il est ajusté à la volonté de Dieu. Il ne va pas prendre de décision. C’est à travers un songe qu’il comprend que Marie est enceinte par l’Esprit Saint. Le Roi David a fait tuer Urie le Hittite pour lui prendre sa femme. Le Roi Salomon avait un très grand nombre de maîtresses. Les fils de Jacob ont fait disparaître leur frère Joseph dans un puits pour s’en débarrasser. Et il suffit de lire la bible pour voir que la liste n’est pas exhaustive. Que sait-on de l’action de Dieu dans ces familles ? Personne n’est abandonné.

 

A Lourdes, une personne divorcée remariée a été miraculée. Cela avait posé problème pour la reconnaissance de ce miracle. Heureusement, il a finalement été reconnu.

 

Souvent, ce sont nos jugements qui sont un frein à l’action de Dieu. Il ne faut pas vouloir que les gens soient dans l’église, mais qu’ils rencontrent Jésus.

 

Dans notre vie, nous sommes tous en chemin. On gravit la montagne. Certains sont à 500 m, d’autres à 2000. C’est important de rejoindre les personnes là où elles sont. Il faut leur demander si elles n’ont pas envie d’aller plus haut. Jésus, c’est la lumière dans notre cœur.

 

Qu’en est-il au sujet de la vie commune avant le mariage ? Il ne faut jamais poser de jugement. Partir de l’amour qu’il y a dans le couple, du positif. Donner envie à ce couple d’aller jusqu’au sacrement du mariage et de rencontrer vraiment Jésus. Ne pas vouloir imposer nos points de vue. Il y a des situations de vie où c’est l’échec.

 

Un jeune homosexuel a dit : « si j’avais pu choisir d’aimer une fille, tu penses bien que je l’aurais fait¨ ». Il n’y a pas toujours de réponse dans les situations difficiles. Jérémie ne voulait jamais être prophète parce qu’il se trouvait trop enfant. Il est quand même envoyé comme prophète et il prêche pour que les gens reviennent à Dieu. Un jour, il est tellement découragé que Dieu l’envoie dans la boutique du potier. Le premier essai n’est pas concluant, le vase se casse. Puis, il recommence et ça marche. Alors Dieu lui dit : « tu vois, le premier vase, c’est ce que Dieu a voulu pour sa créature ». Mais Dieu ne voulait pas qu’il se brise. Il ne faut pas chercher de coupable. Ce qui pour nous est échec est pour Dieu une réussite, car il veut nous donner une nouvelle forme.

 

Dans toutes ces situations, si je me mets entre les mains de Dieu, ce ne sera pas le chef d’œuvre de la création, mais le chef d’œuvre de la miséricorde ! Dieu veut donner à chacun une raison de vivre.

 

Les parents doivent prendre de la distance par rapport à leurs enfants, si ceux-ci prennent une toute autre direction que celle qu’ils avaient envisagée pour eux. Quand Jésus, au temple, a dit à Marie : « ne savais-tu pas que j’étais aux affaires de mon Père ? », elle n’a pas compris. Je peux remettre mon enfant au projet du Père par la prière pour qu’il puisse rencontrer Dieu. 

 

Actes de apôtres 20. Paul vient trouver des chrétiens d’Ephèse. On célèbre ce qu’on peut appeler l’Eucharistie. Il y a sur la fenêtre du troisième étage un jeune homme qui peut tomber d’un côté ou d’un autre. A un moment donné, le jeune tombe et meurt. Paul dit : « mais, son âme vit ». Il se couche sur lui et lui redonne la vie. Cela se passe dans une Eucharistie. Il y a une puissance de l’Eucharistie qui donne la vie, même à ceux qui ne sont pas là. Cette puissance de l’Eucharistie rejoint aussi ceux qui ne sont pas là, parce qu’on le prend avec nous. Beaucoup de jeunes disent que leur grand-maman prie pour eux. Il faut remercier tous ceux qui ont tenu dans la fidélité, qui ont persévéré.

 

A l’écoute des questions

Au sujet d’Exit :

 

C’est le résultat d’une société matérialisée. Exit est une conséquence du manque d’amour. On refuse la mort. Une personne qui est entourée d’amour ne demande jamais l’assistance d’Exit. Aller jusqu’au bout permet la prise de conscience de ce qu’on a été et de ce qu’on est. On doit, chacun et chacune, aller jusqu’au bout de notre vie. Dieu est très humain. Il faut prendre conscience que je dois aller jusqu’au bout. Dans le Tiers-monde, les gens vont jusqu’au bout, mais on les accompagne.

 

La vie après la vie :

 

Dieu me laisse libre de le suivre ou pas. Après la mort, il y aura la lucidité de voir ce que l’on a été. Le bon Samaritain, c’est Jésus. Le bon Samaritain est bouleversé et ne pose pas de questions. Quand il reviendra dans cette auberge, le bon Samaritain me dira : « veux-tu venir avec moi ? » Le Seigneur est plus grand que ma conscience.

 

Le suicide

 

Quelqu’un qui se suicide ne choisit pas la mort. Il choisit de quitter une situation invivable. Le suicide n’est jamais un acte de courage.

 

Une fille s’était jetée d’un pont. Elle est tombée sur un arbre et a été sauvée. Elle a dit : « c’est dans la chute que j’ai réalisé ce que je laisserais aux autres. Je ne le ferai jamais plus. » Le suicide est un acte de violence, c’est un mal. Le suicide cherche la paix par des chemins qui sont mauvais. Ce n’est pas un choix. « Je ne veux pas mourir, je veux juste ne plus souffrir. »

 

Ste Catherine de Sienne, qui avait des dialogues avec le Père éternel, disait que Dieu lui avait dit : « le salut, c’est de croire ma miséricorde plus grande que ta misère ».

 

Le défi, c’est d’accepter d’être aimé. Dieu nous a aimés le premier, malgré nos vies, malgré nos chutes, malgré notre péché. Dieu a pour nous un amour plus grand que toutes nos fautes. Un enfant sait que ses parents ne l’abandonnent pas. Le Seigneur nous demandera une seule chose : « veux-tu de mon amour ? »

 

Un jeune s’était fracassé dans un accident de voiture. Marthe Robin a dit à ses parents : « vous savez, quand un jeune meurt comme cela, de toute façon le Seigneur lui demandera : veux-tu de mon amour ? » Dieu a trop de respect pour s’imposer à nous. Il nous demandera toujours de choisir. Nous devons dire tous les jours à Dieu que nous le choisissons. On doit décider de notre salut tous les jours.

 

Le purgatoire

 

Le purgatoire, c’est l’auberge du bon Samaritain où le Seigneur veut que je me laisse laver, que je me laisse soigner, que je me laisse sauver.

 

La prière est un moyen de dire oui à la miséricorde. Les morts sont en chemin et il faut les encourager. On a besoin de nous adapter à la vie du ciel. La prière pour les défunts est importante.

 

Pour reprendre la vie après le décès d’un enfant, il y a la grâce de Dieu qui rejoint tout le monde, même les incroyants.

 

Que faire quand un enfant a coupé les ponts avec ses parents ?

 

S’il n’est pas possible de renouer le dialogue, il faut toujours laisser la porte ouverte ! Et pour garder le contact, il serait judicieux de lui envoyer une carte à son anniversaire et pour Noël, en lui disant qu’on l’aime.

 

Le célibat

 

Il y a deux sortes de célibat, le célibat choisi et celui qui n’est pas choisi. Le célibat qui n’est pas choisi peut être une terrible croix. Il peut être aussi une maison ouverte. Un célibataire peut être un phare pour ses neveux et ses amis.

 

Les vierges consacrées donnent leur vie au Seigneur dans le célibat.

La conscience ne peut nous orienter que dans le sens du bien. La charité est inscrite dans toutes les consciences du monde.

Chanoine Jacques Oeuvray

Chapelle de Lorette - Ermitage 34

CH – 2900 Porrentruy / Suisse

                                                              Porrentruy, octobre 2019

 

Chères amies, chers amis du MCR – Vie Montante,

 

Voici donc déjà la 2ème feuille-guide 

à votre service sur le thème de notre année pastorale :

                  « Visage de Dieu ».

Je vous souhaite de vivre des rencontres fructueuses.

Avec mon amitié et mon cordial salut.

II. Marchons dans lumière.

 

La lumière : visage de Dieu

La lumière était assimilée à Dieu et à sa Parole : la lumière de mes pas, la lampe de ma route, c’est ainsi qu’est qualifiée la Parole dans le Psaume 119.


Lumière du monde : c’est l’Eglise qui porte cette lumière, comme le chandelier à sept branches portait la lumière au sein même du sanctuaire. Et puis Jésus emploie l’indicatif et non l’impératif, il dit vous êtes la lumière du monde, et non pas soyez la lumière du monde : là aussi, cette lumière est propre à l’Eglise, et ce qui lui est demandé, ce qui nous est demandé, c’est simplement de ne pas la ranger dans un coin.

Comme le sel peut devenir inefficace, il en est de même si la lampe est mise sous un boisseau. Le boisseau, c’est le lieu de rangement de la lampe quand on ne s’en sert pas.

Dire que la communauté chrétienne est une lumière est une affirmation forte : cela signifie que par son témoignage la communauté chrétienne reflète le visage de Dieu. Pour la lumière aussi, Jésus parle à la deuxième personne du pluriel, il dit :  vous êtes la lumière.  Cette lumière est porteuse de cette Parole qui ne vient pas d’elle, mais de Dieu.

Les œuvres des hommes peuvent susciter la louange des hommes, mais en elles-mêmes elles sont incapables de tourner nos regards vers Dieu, qui en est la source. En ce sens, du fait qu’ils sont lumière du monde, les chrétiens rendent gloire à Dieu.

Dans un premier temps, avec ces deux images du sel et de la lumière, on est déconcerté, parce qu’on est face à une idée contradictoire d’enfouissement et de rayonnement.

Mais quand on va plus loin, on voit que l’Evangéliste a voulu avec ces deux images illustrer une vérité. Le sel et la lumière sont deux éléments qui ont un effet sur ce qui entre en contact avec eux. Le sel donne le goût aux aliments et la lumière la couleur aux choses ; le sel permet de goûter la saveur des choses, et la lumière la beauté des choses.

S’il peut arriver à l’Eglise de donner une image triste, ce n’est pas dans l’ordre des choses et c’est toujours parce qu’elle a oublié ou mis de côté le message libérateur de l’Evangile. L’Eglise est formée de tous ceux et celles qui croient à ce message et qui en vivent. Quand l’Eglise est fidèle à sa mission, elle sauve le monde de la tristesse et de la grisaille.

Alors, concrètement, qu’est-ce que cela veut dire pour nous ? Cela veut dire que nous avons à être pleinement nous-mêmes et que nos qualités doivent être visibles.                                                                                                                        Car si l’Eglise n’est pas visible, comment celles et ceux qui sont dans une recherche spirituelle pourrontils faire aboutir leur recherche s’ils ne nous trouvent pas. Les Eglises de petits groupes sont à la mode. Elles peuvent avoir leur intérêt, mais surtout dans les temps de persécutions, et il ne faudrait pas qu’elles deviennent des cercles, des clubs, qui coopteraient leurs membres.

Être lumière du monde c’est être un reflet du visage de Dieu

Et Jésus nous invite aussi à être lumières du monde. Et il utilise l’image très comique de la lampe placée sous le boisseau. Imaginons deux secondes la scène transposée aujourd’hui… ce soir, ce soir quand vous rentrerez chez vous.

Vous rentrez chez vous tout à l’heure, il fait nuit évidemment. Et à tâtons, vous allez jusqu’à la lampe, vous l’allumez, et vous la rangez dans l’armoire et vous fermez la porte. Ah ben forcément, vous allez y voir beaucoup moins bien, évidemment !!

Franchement, chers Amis ! Une lampe, c’est fait pour être placée sur un support, pour éclairer la pièce… Il faut qu’elle soit visible, sinon ça n’a aucun intérêt !

Vous êtes la lumière du monde, dit Jésus.

Mais c’est Jésus qui allume la lumière qu’il y a en nous, c’est lui qui pèse sur l’interrupteur ! A chaque fois qu’on vient le retrouver dans l’eucharistie, d’ailleurs. C’est lui qui allume cette lumière qui est en nous. Chacune, chacun de nous, nous sommes lumières du monde.

 

Nous avons des qualités, chacune, chacun, même les plus petits d’entre nous, nous avons des qualités qu’il s’agit de faire fructifier, qu’il faut oser montrer au monde. A quoi ça sert de les planquer sous des montagnes de timidité ? C’est comme si on allumait une lumière et qu’on la rangeait dans l’armoire !

C’est pareil.

Nous avons des qualités, il s’agit de les montrer, les faire fructifier.

 

Isaïe le disait déjà : si tu suis les commandements, ta lumière jaillira comme l’aurore. Le psaume le disait aussi c’est la lumière des cœurs droits, disait le psaume, qui se lève dans les ténèbres.

Alors vous vous dites sans doute : oui, si on écoute Isaïe et le psaume, tout ça c’est pour ceux qui suivent les commandements, pour les cœurs droits… Pas sûr d’avoir toujours le cœur droit… moi le premier. 

Alors attention, il ne s’agit évidemment pas de tomber dans l’égocentrisme et de dire aux autres : « Regardez toutes mes qualités ! » Non, on n’en est pas là…

C’est la lumière de Dieu, Dieu qui est en nous, qui rend belles nos qualités.

Méditation pour la fin d'été

Dans ces derniers jours d’été où est encore bien présent dans nos esprits le thème 2018.

Vivre

J’aimerais proposer à votre méditation, le texte de l’homélie prononcée par l’abbé Pierre Girardin lors de notre pèlerinage à Luxeuil.

Ce regard sur le monde pourra nous permettre de nourrir nos réflexions sur la fragilité et en même temps sur la richesse de cette vie que nous avons reçue.

Bonne lecture.

François

Pèlerinage 2019 à Luxeuil

Nous nous retrouvons dans ce lieu chargé d’histoire où des moines Irlandais sont venus défricher et apporter la parole, ils ont fondé cette abbaye sous la conduite de St Colomban. Plusieurs d’entres eux ont poursuivi leur chemin vers notre pays et c’est ainsi qu’ils ont fondé plusieurs communautés dont St Ursanne c’est une longue histoire de fidélité puisque cet automne déjà nous commémoreront le 1400 èm anniversaire de la mort de ce grand saint qui à donné son nom à la petite ville que nous connaissons avec son cloître et sa collégiale. Soyons fiers de l’héritage que ces grands hommes nous ont laissé et vivons cette célébration eucharistique en communion avec eux et avec nos communautés du Jura Pastoral.

12 juin 2019

Homélie

MCR – Pèlerinage à Luxeuil  2019 

 

Lecture : II Cor 3,4-11 / Evangile Jn 11, 17-27

 

Frères et sœurs, « Vivre » : un thème magnifique, qui nous a aidé à comprendre que nous sommes des vivants : nous sommes arrivés sur terre grâce à nos parents : un jour, ils se sont aimés…et on est là ! Un thème qui nous a aidé aussi à comprendre notre finitude : un jour, il faudra quitter ce monde. Donc un thème central, soumis à la réflexion de tout être humain, peu importe sa croyance, son époque, son pays. Mais « vivre » qu’est-ce que c’est ?

 

J’ai été frappé, dans l’actualité de ces derniers temps, par 5 personnages qui m’interrogent sur ce que ça veut dire : « vivre ».

 

Le premier de ces personnages, c’est Saybie, cette petite fille prématurée, née à 23 semaines, et qui pesait 245 grammes. Elle vient de sortir de la maternité après 5 mois de soins intensifs. Qu’est-ce que vivre ? La vie lutte avec une énergie incroyable. Vivre, c’est lutter.

 

Le 2ème personnage qui m’interroge et qui interroge la vie, c’est Vincent Lambert, cet handicapé français victime d’un accident de voiture, qui défraye la chronique depuis plus de 10 ans, parce qu’il est devenu le symbole de la bataille pour ou contre l’euthanasie. Vous avez tous suivi les rebondissements de ces dernières semaines, avec la détermination de ses parents pour continuer de le nourrir et la non moins grande détermination de son épouse pour arrêter… Au beau milieu de cette bataille, il est là : il respire, il cligne de l’œil, tourne la tête, mais il a besoin de quelqu’un pour le nourrir. Qu’est-ce que « vivre » ? Mon propos n’est pas de trancher le débat sur la fin ou non de Vincent, mais de souligner les merveilles mais aussi les limites des progrès actuels de la science et de la médecine : si l’on choisit de tout faire pour sauver la vie, pour quelle raison pourrait-on revenir en arrière à un moment donné ? Est-ce que « Vivre », ce n’est pas aussi donner du sens à tout ce que les autres font pour nous ?

 

Le 3ème personnage, c’est une femme : Asia Bibi. La connaissez-vous ? C’est une mère de famille chrétienne pakistanaise qui a été condamnée à mort en 2010, pour avoir blasphémer. Au Pakistan, être chrétien est un blasphème. De recours en condamnation successives, elle a croupit en prison durant près de 10 ans, elle a été graciée en janvier dernier par le tribunal, mais elle ne pouvait pas sortir de prison, car c’est la population qui voulait exécuter le jugement et la mettre à mort. Finalement, il y a une quinzaine de jours, elle a pu partir discrètement au Canada, dans un endroit secret, pour retrouver ses enfants. La vie, c’est la liberté… mais pas la liberté d’aller et venir où l’on veut. Mais la liberté intérieure de pouvoir penser, croire et dire ce qui nous habite, comme le chante la chanson de Michel Berger « Diego, libre dans sa tête ». « Vivre », c’est être libre, comme des milliers d’oiseaux qui s’envolent sans efforts.

 

Le 4ème personnage, c’est Jean Vanier, décédé le 7 mai dernier, à l’âge de 90 ans. Tout le monde, bien sûr, connaît Jean Vanier, le fondateur de « l’Arche », cette institution, fondée en 1964, qui accueille des personnes handicapées mentales, institution qui, maintenant, comporte plus de 10 000 membres qui font vivre 154 communautés de l’Arche, à travers le monde. Jean Vanier, avec la prise en charge de personnes handicapées mentales, met le doigt sur ce que c’est : « vivre ». La vie ne se réduit pas à l’intelligence, au savoir-faire, à l’habileté, à la production, à la capacité de travailler, à la rentabilité, à la performance, à l’élégance physique, à la réussite matérielle, au beau-parler et au bien-parler… Jean Vanier a accueilli le cri de l’amitié de ces personnes handicapées, un cri d’amour, un besoin de relation d’une douceur incroyable. Jean Vanier nous montre que « Vivre », c’est aimer, c’est créer des relations, c’est s’apporter mutuellement de l’affection !

 

Le 5ème personnage, ce sont ces milliers de jeunes, entre 20 et 25 ans, qui sont morts le 6 juin 1944 sur les plages de Normandie : vous avez revu le film « Le jour le plus long », vous avez suivi les cérémonies du 75ème. Qu’est-ce « vivre » ?  C’est donner sa vie pour la liberté, ou pour une cause qui nous tient vraiment à cœur.

 

Qu’est-ce que « vivre » ? Jésus, et surtout notre foi en Jésus, apporte la touche finale à tous ces aspects de la vie : finalement toutes ces personnes, qui se sont battues pour vivre, qui ont su donné du sens à leur vie humaine terrestre, sont mortes ou bien, un jour ou l’autre, vont mourir, comme chacun d’entre nous. Jésus veut que nous vivions. Non pas comme Lazare, que Jésus réanime, et qui devra re-mourir… Mais il veut nous faire sortir du tombeau définitivement, et donc faire aboutir notre vie terrestre au delà du tombeau, lorsqu’il dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra ».

 

Notre vie humaine terrestre est belle ; comme le disait St Paul : elle est rayonnante de gloire. Mais cette vie humaine pâlit au regard de la gloire incomparable de notre vie au delà de la mort. Evidemment, chacun est libre de croire ce qu’il veut : moi je crois que la vie humaine terrestre est magnifique, et lorsque nous la vivons intensément, elle annonce une vie encore plus belle.

Cette foi, nous l’entendons ici, à Luxeuil, d’où sont partis ceux qui ont semé la foi dans notre Jura. Aujourd’hui, nous leur sommes reconnaissants d’avoir ouvert chez nous les perspectives de la vie éternelle.

Amen.

Abbé Pierre Girardin.