FRIBOURG

A toutes et tous, une belle, heureuse et sainte fête de Pâques
Votre comité cantonal

 

Message pascal du Père Francis

 

Chères amies, chers amis membres du MCR Fribourg,

 

Dans cette période d’incertitude face à notre propre avenir et à celle de millions de personnes dans les pays à faible revenu, la célébration de la fête de Pâques ouvre pour le croyant chrétien un avenir d’espérance et de sortie de crise:

 le Christ se livre à nous dans sa mort et sa Résurrection, et nous donne sa Vie.

 

Pour accueillir la totalité de ce don de Vie nous devons nous « vider » de nous-mêmes, de tout ce qui nous empêche de correspondre aux attentes de Dieu, de ce qui fait obstacle à notre relation avec Lui et entre nous.

Le temps du carême qui précède la fête de Pâques est le chemin a prendre pour ne pas rater le rendez-vous de l’Amour. Penser Carême ne signifie pas seulement penser « sacrifice » à faire, « renoncement » à tout plaisir, « privation » quotidienne de friandises ou d’alcool, nous permettant de conclure : « Tu vois Seigneur mes pénitences, j’attends ma récompense! »

Tout effort spirituel doit viser l’essentiel : ma propre conversion. Les sacrifices, les privations sont des moyens pour me rappeler quotidiennement qu’ aimer c’est passer

 de la fermeture du cœur à l’ouverture,

de la critique à l’encouragement,

de la condamnation à la compréhension,

de la jalousie à la joie de son prochain.

En prenant un de ces chemins, on découvre rapidement que « les efforts et les sacrifices » à réaliser sont nombreux et qu’ils nous engagent à la suite du Christ portant sa croix par amour jusqu’au Calvaire. Nos efforts de conversion quand ils partent du cœur sont sources de joie et  rejoignent le cœur de Dieu et de nos semblables.

 

Chers amis, durant le Carême il est bon de lutter contre nos mauvaises habitudes, mais il est bon aussi de connaître ses dons et qualités, de les améliorer et de les mettre aux services des autres. Je vous souhaite donc un chemin de Carême, rempli d’actes d’amour et de bienveillance envers vous-mêmes et envers les autres sous la conduite de l’Esprit du Père et du Fils.

Je vous redis toute ma profonde amitié, unis dans la prière.

Je vous embrasse.

P. Francis

Une réflexion en ce temps de pandémie!

Et tout s'est arrêté...

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

 

      Après ? Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s'arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

 

      Après ? Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins  3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

 

      Après ? Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

 

      Après ? Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

 

      Après ? Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

 

      Après ? Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses ou amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

 

      Après ? Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions devenus les esclaves d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

 

       Après ? Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

 

      Après ? Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.  

 

      Après ? Après ce sera différent d'avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n'y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s'accomplit au cœur de l'épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n'existe pas de mot. 

Pierre-Alain LEJEUNE, Prêtre à Bordeaux   

 

La Bienveillance     

 

Parfois notre passage sur terre,

peut nous paraître amer.

Pourtant impossible à contourner

Et cependant difficile à accepter.

 

Notre égoïsme nous paralyse,

Notre raison nous cristallise,

Tel un rempart à l’émotion.

Et pourtant, si nous osions….

 

Face à face, au fond de l’Âme,

Contempler ce flot de larmes,

Ouvrir nos cœurs à l’explosion

De ce volcan en éruption ?

Un jour ou l’autre, on a besoin,

De crier, d’hurler son chagrin,

Pour enfin retrouver la confiance,

Oser sur soi, la bienveillance !

 

Notre ciel s’entrouvre alors,

Un peu palot d’abord,

Puis plus serein, plus bleu,

Il en devient lumineux. 

 

Ouvrons-nous à cette lumière.

Que tout entier, elle nous pénètre,

Et fertilise nos cœurs en friche,

pour porter un fruit plus riche.

Reste à cultiver ce bon terrain,

A embellir ce beau jardin,

Y faire fleurir l’Amour, en toutes saisons

L’Amour toujours, sans cause ni raison.

 

Soyons heureux, nous même,

Aimons les autres, de même.

C’est le chemin le plus sûre

Pour guérir de nos blessures

 

L’Amour donné, l’Amour partagé,

N’a jamais rien à regretter

Chaque jour, Il illumine nos vies

Et apaise nos cœurs meurtris.

A.F