JURA

Amour et joie de l’automne

 

J’aimerais commencer par vous raconter l’histoire – réelle – de la petite Valérie, 4 ans à l’époque. La petite Valérie est en garde chez ses grands-parents et ensemble, ce soir-là, ils font la prière, devant une icône de la Vierge tenant Jésus dans ses bras. Et après le signe de croix, la petite Valérie commence :

– Bonsoir Marie, bonsoir Jésus. Je t’aime Marie, je t’aime Jésus !

…silence ! Et elle se retourne vers son grand-papa et lui dit :

– Et toi, Grand-papa, tu dis rien ? Un peu surpris, le grand-père balbutie :

– Heu… Bénissez papa, bénissez maman, bénissez…

– C’est pas ça qu’on dit ! Interrompt la petite Florence.

– Ah bon… Qu’est-ce qu’on dit, alors ?

– D’abord, dit-elle, tu leur dis ‘bonsoir’.

Le grand-père, avec un sourire, reprend :

– Bonsoir Marie, bonsoir Jésus, bénissez papa et maman, bénissez Valérie…

– Non c’est pas ça ! Coupe-t-elle encore. Maintenant tu leur dis que tu les aimes.

Un peu intimidé, le grand-père reprend :

– Bonsoir Marie, bonsoir Jésus. Je vous aime.

Et puis, craignant de faire encore une erreur aux yeux de sa petite fille, il s’arrête. Et là, la petite Valérie le regarde et lui dit :

– Voilà Grand-papa. Maintenant que tu leur as dit que tu les aimes, tu peux leur demander tout ce que tu veux.

Merveilleuse théologie des enfants !

Tous les textes qui entourent le temps de l’Ascension, par exemple, parlent d’amour.

Comme si on voulait nous rappeler que c’est le testament principal que Jésus a voulu nous laisser. L’Amour. Notre Dieu est Amour.

C’est d’ailleurs tel quel dans la lettre de Jean. Dieu est Amour. Si nous ne devions retenir qu’un seul verset de la Bible, que ce soit celui-ci. 1 Jean 4,1 : Dieu est Amour.

Amour et joie, aussi. Et Jésus nous le rappelle dans l’Évangile de Jean : « Je parle ainsi, en ce monde, pour qu’ils aient en eux ma joie » – « ils » c’est NOUS ! … – « Je parle, dit Jésus, pour que vous ayez ma joie, pour que vous soyez comblés de joie. » dit-il encore.

L’Amour et la Joie. Deux valeurs essentielles pour nous, les Chrétiens.

Pendant mes études de théologie, j’ai eu l’occasion de travailler un petit peu la figure de Maurice Zundel qui fut un prêtre de Neuchâtel. J’ai eu l’occasion aussi le suivre une de ses conférence à la paroisse St Pierre de Fribourg. Zundel est devenu un très grand homme, bien malgré lui : il avait cette humilité des tous les grands hommes, persuadé qu’il n’était pas grand-chose.

Dans un film, un moine français raconte le jour où il est allé se confesser chez Zundel. Lui jeune moine novice un peu intimidé, et Zundel alors déjà grand conférencier, grand théologien. Très intimidant.

Le moine raconte qu’en entrant, il s’apprêtait à se mettre à genoux pour se confesser, et là première surprise, c’est Zundel qui était à genoux, le confesseur. Zundel disait toujours que le pécheur qui vient demander le pardon de Dieu est tellement beau que c’est le prêtre qui devrait s’agenouiller devant lui… comme c’est vrai !

Puis le jeune novice commence à égrainer ses péchés. Au bout de quelques secondes, Zundel le stoppe et lui dit : « Mon Frère, dites-moi simplement que vous avez manqué d’Amour. Cela englobe probablement tout ce que vous vouliez me dire ce matin. » Et c’était vrai. Et puis ils ont prié ensemble, et Zundel lui a donné l’absolution.

Et le jeune novice raconte qu’il se demandait alors ce qu’il allait lui donner comme pénitence, combien de Notre Père, de Je vous salue…

Mais non. Pour Zundel la pénitence était toujours liée à la JOIE.

Il demandait d’aller voir un beau paysage, un spectacle joyeux, de rire, de demeurer dans la joie du Seigneur. Ce jour-là il lui a demandé simplement de répandre la joie autour de lui le reste de la journée.

Un peu étonné, le jeune novice dit qu’il est reparti, et qu’au moment de passer la porte, il s’est retourné et lui a dit : « Père Zundel, priez pour mon humilité. » Et là le novice dit qu’il n’oubliera jamais la colère du bouillant Zundel. Il s’est mis en colère et lui a dit : « NON ! NON ! Pas l’humilité ! La JOIE ! Soyez dans la JOIE ! »

Eh bien, je crois que l’abbé Zundel avait tout compris. Il avait compris que Jésus n’a jamais demandé qu’on soit faussement humbles, qu’on prenne un air compassé, une « face de piment au vinaigre » comme dit notre Saint Père François. Jamais Jésus n’a voulu cela.

En revanche, Jésus a insisté fortement sur la joie, sur l’Amour à répandre coûte que coûte autour de nous. Et Dieu sait si ce n’est pas toujours simple. Et pourtant, dans chacune de nos journées il y a des raisons de trouver de la joie, il y a des raisons de répandre l’Amour. C’est notre devoir de chrétiens, d’essayer au moins.

– Bonjour Seigneur… Je t’aime. Garde-moi dans ta joie et dans ton Amour en ce nouvel automne. Et aide-moi à les répandre autour de moi.

 

                                                         Abbé Jacques Oeuvray

                                               Conseiller spirituel du Jura pastoral

Le mot spirituel

 

Chaque année l’Eglise nous donne de revivre ce Chemin merveilleux du Carême qui ne cesse de nous convier à la conversion, à ce retour au Père qui nous aime. Et la preuve que Dieu nous aime est qu’Il nous a donné son Fils Jésus pour nous sauver.

La liturgie du Triduum Pascal que nous vivrons prochainement nous mènera au sommet de l’Amour qui se livre sans condition. Tout simplement parce qu’il est Amour !

Le Jeudi saint nous livrera le Pain de Vie. Jésus sera abandonné des siens et de tous. Il désire d’un grand désir partagé ce repas pascal avec ses amis. Avant même que son corps de chair soit crucifié, il se livre en nourriture pour ne pas nous laisser seul sur le chemin difficile de nos existences humaines. 
Le Covid nous prive de nos rassemblements communautaires pour l’Eucharistie. Beaucoup trouve dans les médias des ressources pour nourrir leur foi et je reconnais que les messes transmises à la TV nous soutienne beaucoup. Mais attention ! Nous devons avoir à cœur de retrouver la communauté pour célébrer et se nourrir ensemble à la Table de la Parole et du Pain eucharistique. La Sainte Cène du Jeudi saint nous le rappelle avec force.

Le Vendredi saint est l’offrande vécue la veille. La Croix est le Pain rompu et le Sang versé pour chacun, chacune. Pour toutes les générations. 
« J’ai soif.»  L’ultime cri de Jésus est pour nous. J’ai soif de t’aimer. J’ai soif de te sauver. J’ai soif de te combler. J’ai soif de te donner la vie. J’ai soif de toi. J’ai soif de ton amour, de ta tendresse, de ta misère, de ta joie ou de tes larmes. Donne-moi tout. Je reçois tout en mon cœur transpercé. Et tout don qui vient de Moi coule en abondance de ce cœur blessé d’amour.

Le Samedi saint est ce long silence. Osons le vivre dans la confiance. Osons l’espérance que rien n’est fini. Osons la foi en ce Dieu qui nous a dit son Amour-folie en son Fils déposé au tombeau. 

Pâques. Voici l’Alléluia jaillit de Sa Vie, de nos vies ! La violence de l’Amour est plus fort que la violence de la mort. Soyons des personnes de foi en la vie plus forte que tout. Chantons l’Exultet à plein cœur avec toute l’Eglise de Jésus :

« Qu’éclate dans le ciel la joie des anges ! Qu’éclate de partout la joie du monde !
Qu’éclate dans l’Eglise la joie des fils de Dieu ! 
La lumière éclaire l’Eglise, La lumière éclaire la terre, peuples, chantez !...

…Voici maintenant la Victoire, Voici la liberté pour tous les peuples, le Christ ressuscité triomphe de la mort. Ô nuit qui nous rend la lumière, Ô nuit qui vit dans sa Gloire le Christ Seigneur ! Amour infini de notre Père, suprême témoignage de tendresse, pour libérer l’esclave, tu as livré le Fils !Bienheureuse faute de l’homme, qui valut au monde en détresse le seul Sauveur !
Victoire qui rassemble ciel et terre, Victoire où Dieu se donne un nouveau peuple.<

Victoire de l’Amour, victoire de la Vie… »

Alléluia !

Belles et saintes Fêtes Pascales ! Alléluia !

Mado Choffat, Coeuve - Jura

Message spirituel pour 2021. 

En ce début d’année, rappeler vous mes amis. 

 

Que si un rien fait souffrir

Un rien aussi fait plaisir

Que vous pouvez être semeuses, semeurs d’optimisme, de courage, de confiance.

Que votre bonne humeur peut égayer la vie des autres, que vous pouvez en tous temps dire un mot aimable.

Que vos sourires non seulement vous rendent plus belles, plus beaux,

mais qu’ils embellissent l’existence de celles et ceux qui vous entourent.

Que vous avez des mains pour donner et un cœur pour pardonner.

 

Texte de Thomas Merton moine trappiste


François Merçay