FRIBOURG

 

Le nectar de Pâques

Tenir entre ses mains

la clarté de la joie et la violence des ténèbres:

les deux appartiennent à l'âme humaine.

Se délecter d'un rayon de soleil comme d'un fruit mûr,

laisser le rire frémir en soi.

Dans un même accueil, goûter l'amertume des heures obscures.

Nous n'avons pas le choix

nous n'avons pas à choisir

entre Vendredi saint et Pâques.

Nous n'avons pas à choisir entre le silence

de la mort et de l'absence

et les cris de joie que provoquent

les retrouvailles de la vie.

Il nous faut tenir entre nos mains

le tout de manière pacifiée,

sortir de l'antagonisme entre la joie jubilante

et le grinçant désespoir.

Les deux sont en nous, comme nous le rappellent

une larme de tristesse en pleine fête,

un sourire au cœur du deuil.

Le bonheur est dans l'apprivoisement de tout notre être,

dans la réconciliation des forces opposées,

le mariage de Vendredi saint et de Pâques.

La vie est un bouquet d'ombres et de lumières

à apprivoiser avec l'âme d'une abeille

passant d'une fleur à l'autre,

faisant son miel de chaque heure

de joie ou de souffrance.

Marie Cénec