Récollection
du mardi 9 mars 2010
à
Notre-Dame de la Route,
Villars-sur-Glâne
Malgré une bise piquante qui aurait pu en
décourager plus d’un, dès 9 h. les 140 participants arrivent en petits groupes et sont accueillis avec café, tresse ou
pain. Petite attention bien appréciée
avant de commencer cette journée de réflexion.
A 9 h.30, nous sommes en place, prêts à
aborder, avec le Père Jean- Bernard Livio sj, le thème de la journée. " Les aînés au
service de tous ". Thème d’actualité car bon nombre d’entre nous sont encore
actifs au sein de la famille ou de la communauté.
D’entrée, le Père Livio nous invite à méditer
le parcours d’Abraham et de Sarah, sa
femme
Au chap. 17 de la Genèse .Abraham avait
quatre-vingt-dix.neuf ans quand le Seigneur lui apparut et lui dit : va,
pars ! je ferai de toi une grande nation. Tout commence par un
déménagement ; or, Abraham est très âgé et Dieu lui dit encore : ta
femme Sarah aura un fils. Alors là, Sarah rigole car elle aussi est très âgée ;
est-ce possible d’enfanter à son âge ?
La Bible renverse les
choses .Elle nous dit : ça commence. Et pourquoi commence-t-elle par
quelqu’un de vieux ? Pour Abraham
et Sarah, c’est un chamboulement !
Sarah rigole mais Dieu a besoin du rire d’une
personne âgée pour continuer ; c’est un rire d’expérience. Avec le rire de
Sarah est né un projet nouveau : Isaac,
qui veut dire le rire !
Le projet de Dieu, c’est le rire ; sûr
que ça dérange, mais ce rire est signe d’ouverture .Il permet à l’autre
d’entrer dans sa vie.
Et pour nous, qu’en est-il ? Au moment où
l’on pense tirer un trait, Dieu vient nous chercher, Il nous demande une chose
à laquelle on avait renoncé. Subtil de
s’adresser à des < vieux > ! Espérons-nous encore ? Aimons-nous
encore ?
On peut changer le monde avec un enfant !
Chaque année nous rappelons la naissance d’un Enfant. " Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté", à tous ceux qui sont
bénévoles, bienveillants. Lorsqu’on est bienveillant, on provoque chez les
autres la bienveillance. Que c’est bon de se savoir aimé !
L’important n’est pas ce que l’on fait, mais
l’esprit dans lequel on le fait. Annoncer Jésus-Christ avec bienveillance,
souci, respect. Regarder Dieu comment Il est bienveillant.
Et moi, que puis-je faire pour lui plaire ?
Le renoncement doit être une joie, pas un
signe de deuil. Je peux observer le Carême sans me priver de friandises ou de
fumée si ça doit me rendre de mauvaise humeur. Non, faire Carême c’est changer
quelque chose en nous, c’est un renoncement à ce qu’il y a de mal en nous. Ce
doit être un signe de joie.
Que faut-t-il faire pour ne pas être "
vieux" ? pour être sauvé ?
En grec : sauvé veut dire guéri.
Qu’est-ce que je suis avec ma tête ? Il
faut chercher tout le temps, accepter le changement, la rencontre avec les
autres. Dieu nous renvoie toujours à ce que nous sommes. Essayons de mettre la
vie dans la mort, de prendre conscience
que nous sommes créatures de Dieu quels que soient notre condition et notre
âge.
Ne soyons pas comme Nicodème, percepteur
d’impôt, homme riche mais ne sortant que de nuit parce qu’il avait peur du "qu’en dira-t-on ", de " qu’est-ce que pensent les gens ? "
Jésus nous cherche là où nous sommes ! Etre vieux, c’est ne pas reconnaître la vie,
ne pas s’émerveiller d’être au monde. Ne soyons pas de ceux qui ont toujours
quelque chose à dénigrer. Nous serons mesurés avec la mesure que nous aurons
employée pour les autres.
Que veut dire aimer ? Qui est mon prochain ? " J’étais
malade ou en prison et vous m’avez visité, nu et vous m’avez vêtu, j’avais faim
et soif , vous m’avez nourri " Tous les jours, nous sommes dans cette
parabole et Dieu nous dit : regarde et choisis !
Que puis-je faire aujourd’hui avec les forces
qui me restent ? Surtout, ne prenons pas des engagements que nous ne
pouvons plus assurer ! Ne demandons pas à quelqu’un comment il va si nous
n’avons pas le temps ou la patience de l’écouter.
Les aînés ont
ou peuvent avoir une façon nouvelle d’aborder le temps. Ils ont la
capacité de l’adapter, de le gérer, de décider eux-mêmes d’être maîtres de leur
temps.
L’avantage du 3ème âge, c’est
d’avoir moins d’obligations, il est important de savourer le temps ! Je
peux tout faire, mais avec bienveillance. Etre bienveillant avec soi-même
et laisser les jeunes, les enfants "mangeurs de temps" lui courir
après.
Il en va de même pour l’argent, pour l’espace
dont nous disposons. Posons-nous la question de savoir où nous sommes bien, de
ce dont nous disposons et tâchons d’en user avec bon sens et sans culpabiliser.
Si nous voulons faire un cadeau, essayons
d’être présent dans ce que nous offrons et ça prend du temps , mais nous
avons ce temps !
Le temps est un cadeau, un présent ; soyons
présents comme Dieu l’est pour nous, vivons l’instant et évitons la nostalgie
du passé. Sachons aussi qu’être des
hommes et des femmes de rire et de sourire est un véritable cadeau pour ceux
qui nous côtoient. Dieu nous aime, Il nous admire, Il admire Sa Création !
Prenons-en conscience.
Il serait bien d’écrire la Bible au présent, ce n’est
pas Dieu qui a dit, mais Dieu dit !
Dieu n’est ni d’hier, ni du futur mais du présent, là où nous sommes
présentement.
De même pour Jésus dans l’Eucharistie : c’est
pour aujourd’hui. Gardons l’essentiel dans nos vies pour exister. Si vous
éprouvez de la solitude, mettez-vous en réseau ! Nous devons croire au
de Dieu , rester en communication, en communion avec Dieu et les autres, mais aussi
avec nos petits-enfants Aujourd’hui, on a remplacé les grands-mamans par la T.V. Et malheureusement,
celle-ci ne sait pas raconter des histoires comme les grands-parents !
Quel dommage !
Il faut beaucoup de réseaux de communication pour que le monde ne soit pas "vieux".
Une religieuse raconte son expérience de
communication par le bouche à oreille dans son nouveau quartier et cela a
permis de mettre en route une équipe de Vie Montante. Bel exemple prouvant que
Dieu a des projets sur nous là où nous nous trouvons.
" Parce que tu m’as regardé je suis avec
toi et pour toi : Lumière, Chemin, résurrection".
Avant de nous quitter, nous partageons l’Eucharistie
au cours de laquelle sont exprimés notre joie et notre merci pour cette journée
riche d’enseignement. Bl. resp. cant

