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L’espérance têtue

Avoir une espérance têtue, croire envers et contre tout, malgré que les réalités et la logique des hommes nous en montrent l’impossibilité. Manifester une foi profonde, croire en Dieu comme le petit enfant qui ne doute jamais de la parole de son père.
La Bible est remplie de témoignages d’hommes et de femmes ayant manifesté une grande foi face à des situations compliquées.
Citons Abraham et Sarah, Esther, Jacob, Job, Marie, Joseph et bien d’autres: tous étaient animés d’une foi au-dessus de l’ordinaire et d’une solide espérance.

L’espérance est mise à mal chaque fois que l’humain atteint ses limites dans des situations difficiles ou désespérées. Lorsque tout pousse à croire que plus rien n’est possible ou faisable , quand le visage du  monde qu’il s’agit de construire nous échappe.
Aujourd’hui, tout va trop vite, la société est en crise et pour certains, penser à l’avenir est bien difficile. Trop souvent  la foi est basée sur la logique humaine, sur des calculs rationnels et des principes qui deviennent déstabilisants pour le chrétien. Le manque de repères, de respect pour l’environnement, les familles disloquées, l’absentéisme dans nos églises.
Il en est pourtant qui ne désespèrent pas; la foi, la confiance et la prière qui les animent en font de véritables témoins de cette espérance.

L’espérance retrouvée parce qu’on a eu la chance de pouvoir compter sur l’aide de la famille, des amis, au sein de l’équipe de Vie Montante. Nous sommes tous, un jour ou l’autre  confrontés à une épreuve, à la maladie, à une déception. Il faut alors lutter, patienter, accepter de pardonner, ou de recommencer.
Si nous accrochons notre ancre ailleurs qu’en Christ, nous demeurons terriblement vulnérables, risquant le désespoir, éventuellement la dépression. Mais si nous mettons notre espérance en Dieu notre Père, si nous acceptons de nous faire aider, Lui, proposera toujours sa grâce pour que nous nous relevions.
Espérer, faire confiance, demande de la vigilance et du bon sens. Nous laisser habiter par l’espérance procure une grande paix intérieure et permet de rejeter le doute et l’angoisse.

L’espérance partagée malgré l’individualisme très à la mode dans notre société. Le chacun pour soi ne défigure-t-il pas l’humanité ? Le souci du prochain suppose une ouverture, une brèche, qui sur le moment peut nous coûter, mais qui deviendra un véritable chemin de croissance et de découverte. Dans nos groupes, combien sont heureux de participer aux rencontres afin de partager et échanger leurs préoccupations ou leurs joies en toute amitié et confiance.
Partager notre espérance nous aide à grandir dans la foi et y fait également grandir les autres. Vivre uniquement pour soi risque de nous amener à une existence triste et monotone. Dans nos groupes Vie Montante, donnons envie de partager aussi avec la Communauté  paroissiale. Nous avons non seulement  à nous sentir à l’aise dans le monde, mais encore à transmettre ce que nous sommes devenus.

L’espérance face aux défis de la famille et de l’Eglise qui toutes deux traversent la tempête. Le temps est révolu où les chrétiens naissaient à la foi d’une manière institutionnelle ; dès son plus jeune âge l’enfant était mis sur les rails, le pli des habitudes religieuses était vite pris en famille.
Aujourd’hui, le rythme est cassé ; nous sommes en train de former des générations de chrétiens atteints de la maladie de la consommation ; ils ne veulent pas souffrir, veulent tout et tout de suite , et n’étant pas forcément exaucés, ils claquent la porte de la famille, de la société et même de l’ Eglise! Mais nous, ne sommes-nous pas tentés de trop regarder en arrière, de critiquer le présent parce qu’il ne ressemble pas au passé ?
Pour nous ouvrir à l’espérance, débarrassons-nous de ce torticolis de retour à l’ancien qui nous paralyse. Admettons qu’aujourd’hui le chrétien a une vision de Dieu différente ; certes les gens fréquentent moins régulièrement les églises mais ils demandent le mariage religieux, le baptême et la confirmation pour leurs enfants.
Il est possible que certaines personnes soient  choquées par ce comportement, mais comme disait un ancien curé de ma paroisse : « Le Bon Dieu se débrouillera avec eux »!
Les hommes ont de tout temps eu besoin de rites et de signes, il suffit de regarder la pub à la télé, sur les murs, dans notre boîte aux lettres afin de nous vendre un produit.
L’Eglise peut-elle offrir autant de chatoiements et de signes ?  Après tout, l’Eglise c’est nous tous baptisés !

L’espérance face à la mort

 « L’espérance, vertu théologale grâce à laquelle les croyants attendent de Dieu, avec confiance, sa grâce en ce monde et une vie éternelle et heureuse dans l’au-delà »

(catéchisme Eglise catholique1998  p.384)

L’âge aidant, nous devons faire face à quelques incommodités telles que : baisse de l’ouïe ou de la vue, ne plus conduire sa voiture, constater que la terre du jardin est devenue  trop basse ! etc.. Alors, on se dit : c’est la vie, i! en est de plus malheureux . C’est une formule courante et pourtant, ce sont de petites morts bien dérangeantes  qu’il faut accepter.
Mais il en est de bien plus  douloureuses  pour quelqu’un qui a traversé un long désert suite au départ du conjoint, à la mort tragique d’un enfant, après un accident qui nous laisse sur une chaise, ou tout autre évènement tragique. La douleur intense  nous a peut-être déstabilisés au point de perdre courage, de ressentir de la révolte : « pourquoi moi ? ».
L’espérance s’apprend, c’est aussi un choix, une décision. Lorsque nous subissons une épreuve, après un certain temps, nous nous sentons obligés de développer cette espérance  afin de reprendre goût à la vie.
Jésus a été touché devant la mort de son ami Lazarre ; Il s’est aussi  ému face à la mort de la fille de Jaïre  et du jeune homme de Naïm. La souffrance des parents ne l’a pas laissé indifférent : Jésus a fait quelque chose pour eux. Très souvent la souffrance physique  est accompagnée d’une grande souffrance morale.
Faire de la mort notre propre mort ne serait-ce pas être attentifs à la peine, prendre part à la douleur des familles éprouvées, essayer de communiquer cette espérance qui présage une  vie heureuse et éternelle ?

L’espérance nourrie  qui nous aide à affronter les épreuves de la vie.

«  Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez,…la vie n’est-elle pas plus que la nourriture ? » ( Mt 6, 25 )

Se nourrir est  une activité propre à l’être vivant. Il faut manger pour vivre. Mais la vie, n’est pas  que l’absorption d’une nourriture matérielle, c’est aussi une ouverture à la vie spirituelle.
Il s’agit  dès lors de se nourrir de la Parole de Dieu par des  lectures, de la méditation, la prière, les sacrements. La foi suppose d’avoir fait l’expérience de la miséricorde et du pardon de Dieu. Et cette expérience qui va apporter la nourriture à notre espérance.
Si je prête une attention particulière à ceux qui m’entourent, je peux aussi trouver de quoi nourrir mon espérance grâce à leur charisme et à leur bons sens. Les contacts deviennent enrichissants.
Participer à une retraite permet, dans le silence, de descendre au plus profond de soi, de se ressourcer et rajeunir notre espérance. Nous en recueillerons les fruits tels : la paix, la sérénité, la joie du partage, l’amour de soi-même et du prochain.
En tout temps l’espérance est accessible mais peut-être n’en trouvons-nous pas toujours le chemin. Dans nos équipes « Vie Montante », encourageons-nous les uns les autres à témoigner de notre joie de vivre et à partager l’espérance qui nous anime.

Bl. Bovet

 
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