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Le Père Livio nous invite à écouter quelques passages de l’Evangile de Marc 4, 35-41 : Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive ». Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus dans la barque et d’autres barques suivaient. Survient une grande tempête, les vagues remplissaient la barque, mais Jésus dormait ! Les disciples le réveillent et crient : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? ». Jésus dit à la mer : « Silence, tais-toi » et aux disciples : « Pourquoi avoir peur ? Vous n’avez donc pas la foi ? ».
Comment comprendre, aujourd’hui, ces paroles de Jésus ? Aujourd’hui, pour nous, où se trouve l’autre rive ? C’est peut-être de l’autre côté de la rue ! nous avons tous quelqu’un sur l’autre rive : celui qui nous est antipathique, celui qui ne pense pas comme nous, ou ne vit pas comme les autres. Parfois, le brouillard nous semble bien utile pour masquer ce qu’on ne veut pas voir ! Passer sur l’autre rive, oui, mais on ne sait pas ce qui nous attend de l’autre côté. Il faudra sortir de nos préjugés, apaiser la tempête qui est en nous, aller à la rencontre, ce qui n’est pas chose facile !
Ce jour-là, c’est aujourd’hui, et le soir venu ? « Eh bien, c’est la Vie Montante » nous dit le Père Livio. Le soir venu, c’est la suite d’un matin, puis d’une journée; c’est aussi une des étapes de notre vie. Le soir venu on se pose, on se repose en déposant son fardeau, ses soucis et on peut s’endormir, comme Jésus dans la barque.
Les Disciples paniquent , Mais nous-mêmes, pourquoi avons-nous si peur au milieu de nos tempêtes ? Où est Jésus ? Croyons-nous qu’Il peut nous aider, nous sauver ? Nous prions et avons l’impression qu’Il ne nous répond pas… et pourtant, dans toutes les turbulences de la vie, Il est avec nous pour nous amener au possible, à la résurrection.
Tenons bon la barre ! L’embarcation dans laquelle nous avons notre place nous oblige à faire des choix qui influent sur notre vie et nous obligent parfois à les modifier ou à changer de cap suivant les circonstances de la vie. C’est là qu’il faut être solidement amarrés !
Nous nous sommes engagés en couple, avons fondé une famille, pris des responsabilités dans la société, dans l’Eglise. Nous, les anciens, avons des valeurs auxquelles nous sommes attachés qui nous permettent d’avancer, tandis que la génération de nos enfants ou de nos petits-enfants ne fait pas ou n’ose pas toujours faire un choix . Ensemble, avec eux tenons bon la barre , marchons dans l’espérance et communiquons-la, c’est le meilleur moyen de dépasser nos peurs, prenons le risque, osons regarder en arrière pour voir ceux qui ont besoin de nous.
Dans l’enseignement de l’après-midi, le Père Livio nous dit que nous sommes des réussites de Dieu.Il cite le cantique des cantiques qui contient tant de merveilles et d’attentes ; attente de l’autre, attente partagée, douloureuse parfois. Attendre fait de nous des hommes et des femmes debout ! L’attente, c’est la vérification qu’Il est avec nous, et pourtant les disciples d’Emmaüs faisant route avec le Seigneur ne le reconnaissent pas, enfermés qu’ils sont dans leurs pensées, et n’attendant plus rien. Mais dès l’instant où leur esprit s’ouvre, ils sont dans la joie, courent annoncer la bonne nouvelle et deviennent actifs.
Soyons donc actifs. Pour qu’elle vive, l’ Eglise a besoin de nous. Jésus n’était ni prêtre ni évêque mais un laïc qui nous a amenés vers le Père. A sa suite, aidons le prochain et soi-même à passer sur « l’autre rive » , ne remettons pas à demain ce que nous pouvons faire aujourd’hui.
Au fond, nous ne savons pas vraiment qui est Dieu mais ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’Il est avec nous toujours, comme dans la barque et c’est cela l’essentiel.
Bl. Bovet